Remèdes biochimiques de Schuessler (1898) : concepts originaux dans un langage actualisé
Il s’agit d’une version modernisée du chapitre « Caractéristiques des remèdes biochimiques » tiré de l’ouvrage An Abridged Therapy Manual for the Biochemical Treatment of Diseases (1898) du Dr Wilhelm Schuessler, traduit par L. Tafel (25e édition). Bien que les concepts, la terminologie et la structure originaux aient été scrupuleusement conservés, le langage a été soigneusement actualisé pour offrir plus de clarté et d’accessibilité aux lecteurs modernes. Cette édition vise à honorer l’intégrité historique du travail de Schuessler tout en facilitant son appréhension dans des contextes contemporains.
Fluorure de calcium (Calcarea fluorata).
Le fluorure de calcium se trouve naturellement dans les surfaces externes des os, l’émail dentaire, les fibres élastiques et les cellules de l’épiderme. Lorsque son activité moléculaire est perturbée et que ses niveaux diminuent, divers effets physiques peuvent en résulter.
L’une de ces conséquences est la formation de dépôts nodulaires durs sur les surfaces osseuses. De plus, une perte d’élasticité des tissus conjonctifs peut entraîner une dilatation vasculaire, des hémorroïdes, un prolapsus ou un déplacement utérin, un relâchement des parois abdominales et un affaissement de l’abdomen. Ces états peuvent s’accompagner de tranchées faibles ou absentes après l’accouchement, ou d’hémorragies utérines.
Dans la peau, la kératine — une protéine structurelle — peut être excrétée par les cellules épidermiques. Ce matériau sèche rapidement, formant une croûte fortement adhérente sur la peau, notamment sur la paume des mains. Lorsque la peau affectée est sollicitée ou étirée, ces croûtes peuvent se fissurer ou se déchirer, provoquant des gerçures douloureuses. (La kératine est un composant naturel de la peau, des cheveux et des ongles.)
Le fluorure de calcium peut également être bénéfique dans le traitement d’autres affections. Par exemple, il peut favoriser l’absorption du tissu osseux dans des cas tels que le céphalhématome. Il aide aussi à assouplir et à résorber les indurations, comme celles qui se développent au niveau des glandes mammaires ou des testicules.
Deux explications ont été proposées sur la manière dont le fluorure de calcium contribue à la réabsorption des dépôts durcis. La première implique les fibres élastiques environnantes : sous la pression du dépôt, ces fibres perdent leur fonction. La réintroduction de fluorure de calcium restaure leur intégrité structurelle, leur permettant d’éliminer le dépôt, qui est ensuite absorbé par le système lymphatique. La seconde explication se concentre sur un processus chimique : l’acide carbonique présent dans le sang peut décomposer le fluorure de calcium, libérant ainsi du fluor. Ce fluor se lie à l’hydrogène naissant pour former de l’acide fluorhydrique, qui dissout progressivement le dépôt, molécule par molécule, en vue de son absorption par les vaisseaux lymphatiques.
Dans certains cas, l’acide sulfurique — produit par l’oxydation des cellules protéiques dans le sang — peut jouer un rôle similaire à celui de l’acide carbonique dans la libération du fluor.
Pour un usage médicinal, la préparation recommandée est la trituration 12X.
Phosphate de calcium (Calcarea phosphorica).
Le phosphate de calcium est présent dans toutes les cellules, sa concentration la plus élevée se trouvant dans les cellules osseuses (corpuscules osseux). Il joue un rôle crucial dans la formation de nouvelles cellules, ce qui le rend particulièrement important pour la régénération tissulaire et le rétablissement après des maladies aiguës. À ce titre, c’est un remède précieux pour les affections associées à l’anémie et aux troubles de la croissance cellulaire.
Ce composé est particulièrement utile en cas de retard de développement osseux, tel que le rachitisme et la craniotabès. Il soutient également la formation correcte du crâne chez les nourrissons, aidant à traiter des problèmes comme la fermeture tardive des fontanelles ou une ossification insuffisante des os pariétaux. De plus, le phosphate de calcium favorise la formation du cal lors de la guérison des fractures osseuses et accélère le processus de dentition, où il agit aux côtés — parfois en concurrence avec — le fluorure de calcium.
Lorsque l’activité moléculaire du phosphate de calcium est perturbée au sein des cellules épithéliales tapissant les cavités séreuses, un liquide séro-albumineux peut s’accumuler dans ces espaces. Cela peut conduire à des affections telles que l’hygroma de la rotule ou l’hydropisie de l’articulation du genou. L’administration de doses faibles et ciblées de phosphate de calcium peut aider à restaurer l’équilibre cellulaire et à faciliter la réabsorption de ces accumulations de liquide.
Dans l’épiderme, une carence en phosphate de calcium peut entraîner l’apparition d’albumine qui sèche en croûte. Cette croûte peut être résorbée et éliminée par des doses appropriées de phosphate de calcium, ce qui aide à restaurer la structure normale de la peau.
De même, lorsque les cellules épithéliales des muqueuses sont appauvries en phosphate de calcium, elles peuvent produire un écoulement albumineux. La supplémentation en phosphate de calcium dans de tels cas permet généralement de résoudre la sécrétion et de restaurer l’intégrité muqueuse.
En plus de son rôle dans la réparation tissulaire et la régulation des fluides, le phosphate de calcium est efficace pour soulager les spasmes et les douleurs associés à l’anémie. Ces symptômes se manifestent souvent parallèlement à des sensations telles que le fourmillement, l’engourdissement ou la frilosité.
Sulfate de calcium (Calcarea sulphurica).
Dans l’ouvrage Moleschott’s Physiologie der Nahrungsmittel (Physiologie des nutriments), publié en 1859, le sulfate de calcium était répertorié comme un nutriment. Cependant, la compréhension scientifique a considérablement évolué depuis cette époque, et de nombreuses vues antérieures ont depuis été révisées.
Dès 1887, dans le Manuel de chimie physiologique et pathologique de Bunge, le sulfate de calcium n’apparaît que dans des cas isolés. Plus précisément, il est mentionné dans l’analyse de la bile dans seulement deux échantillons, et notablement absent dans deux autres (pages 189–190). À la page 23 du même manuel, Bunge discute du soufre, notant : « Il pénètre dans le corps des animaux principalement sous forme d’albumine et, après la décomposition et l’oxydation de cette albumine, il est essentiellement excrété dans son état d’oxydation le plus élevé — sous forme d’acide sulfurique. Sous cette forme, combiné à des alcalis, il quitte le corps pour entamer à nouveau son cycle naturel. »
Cela indique clairement que l’acide sulfurique dans le corps humain se combine avec des alcalis — tels que le potassium (potasse) et le sodium (soude) — plutôt qu’avec des métaux alcalino-terreux comme le calcium et le magnésium. Par conséquent, le sulfate de calcium ne joue pas un rôle central ou constant dans la biochimie du corps.
Malgré cela, le sulfate de calcium a été utilisé avec succès en milieu clinique, en particulier dans les cas impliquant une suppuration, ainsi que dans certaines affections de la peau et des muqueuses. Cependant, étant donné qu’il ne s’agit pas d’un composant constant de la chimie interne du corps, son utilisation dans le traitement devrait être reconsidérée. Sur le plan biochimique, il semble plus approprié de se tourner vers des remèdes tels que le phosphate de sodium et la silice (silicea), qui sont naturellement présents et fonctionnellement intégrés aux systèmes du corps.
Les substances inorganiques essentielles présentes dans le sang et les tissus sont généralement suffisantes pour traiter toutes les affections répondant à une intervention thérapeutique. En fin de compte, ce sont les symptômes présentés par le patient qui guident le choix des remèdes appropriés.
Fer (Ferrum phosphoricum).
Le fer et ses divers sels possèdent la propriété intrinsèque d’attirer et de lier l’oxygène. Dans le corps, le fer présent dans les globules rouges (érythrocytes) capte l’oxygène inhalé et le distribue dans tous les tissus. Le soufre, présent sous forme de sulfate de potassium dans les cellules sanguines et d’autres tissus, joue un rôle complémentaire en aidant à transférer l’oxygène aux cellules qui contiennent à la fois du fer et du sulfate de potassium.
Lorsque les molécules de fer au sein des cellules musculaires sont perturbées — souvent en raison d’un irritant externe ou interne — ces cellules musculaires deviennent affaiblies et flasques. Si ce processus affecte les fibres musculaires circulaires (annulaires) des vaisseaux sanguins, les vaisseaux se dilatent, entraînant une augmentation du volume sanguin en leur sein. Cet état d’augmentation du flux sanguin est connu sous le nom d’hyperémie induite par irritation et représente la phase la plus précoce de l’inflammation.
Sur le plan thérapeutique, lorsque le fer — spécifiquement sous forme de phosphate de fer — est administré et restaure la fonction moléculaire de ces cellules, les tissus retrouvent leur tonus normal. Cela permet aux cellules affectées d’éliminer les agents provoquant l’hyperémie. Ceux-ci sont ensuite absorbés par le système lymphatique pour être évacués du corps.
Dans le système digestif, une carence en fer dans les cellules musculaires des villosités intestinales altère leur capacité à fonctionner correctement, entraînant souvent une diarrhée. De même, lorsque les cellules musculaires de la paroi intestinale manquent de fer suffisant, le mouvement ondulatoire naturel (péristaltisme) des intestins est réduit, menant à une lenteur du transit et à la constipation.
À partir de ces observations, les indications thérapeutiques du fer peuvent être clairement établies :
Lorsque les cellules musculaires deviennent flasques en raison d’une carence en fer et sont régénérées avec la forme appropriée de fer, le tonus musculaire normal est restauré. Les fibres annulaires des vaisseaux sanguins retrouvent leur tension appropriée, la capacité vasculaire revient à la normale, l’hyperémie se résorbe et les fièvres inflammatoires associées diminuent.
Le fer, notamment sous forme de Ferrum phosphoricum (phosphate de fer), est donc efficace dans le traitement :
- Des premiers stades de l’inflammation
- Des douleurs résultant de l’hyperémie
- Des hémorragies liées à la congestion vasculaire
- Des lésions aiguës telles que les plaies fraîches, les contusions et les entorses — en traitant l’hyperémie sous-jacente
Les états douloureux répondant au fer s’aggravent généralement avec le mouvement, mais s’améliorent avec les applications froides.
Parce que le fer existe dans les cellules musculaires sous forme de composé phosphaté, le Ferrum phosphoricum est la forme la plus appropriée pour un usage thérapeutique.
Chlorure de potassium (Kali muriaticum).
Le chlorure de potassium se trouve dans presque toutes les cellules du corps et est étroitement associé, chimiquement, à la fibrine. Il joue un rôle vital dans la dégradation des sécrétions blanches ou blanc grisâtre des muqueuses, ainsi que dans la résolution des exsudations plastiques. Pour cette raison, il est particulièrement efficace dans le traitement des affections catarrhales caractérisées par de telles sécrétions. Il est également indiqué dans les cas de croup et de diphtérie, où se forment des exsudats similaires. De plus, le chlorure de potassium est utile lors du deuxième stade de l’inflammation des membranes séreuses, en particulier lorsque l’exsudat est de nature fibrineuse ou plastique.
Lorsque les cellules épidermiques perdent du chlorure de potassium en raison d’une irritation pathologique, la fibrine peut apparaître à la surface de la peau sous forme de dépôt blanc ou blanc grisâtre. En séchant, ce matériau forme un enduit fin et farineux. Si l’irritation s’étend au tissu sous l’épiderme, à la fois la fibrine et le sérum peuvent être exsudés, conduisant à la formation de cloques sur la peau. Ces mêmes processus exsudatifs peuvent également se produire à l’intérieur ou sous les cellules épithéliales ailleurs dans le corps.
Phosphate de potassium (Kali phosphoricum).
Le phosphate de potassium est présent dans les cellules du cerveau, des nerfs, des muscles et du sang — incluant à la fois les globules rouges et le plasma sanguin — ainsi que dans d’autres fluides intercellulaires. Il joue un rôle central dans le maintien de la vitalité et du fonctionnement de ces systèmes.
Lorsque l’activité moléculaire du phosphate de potassium est perturbée, cela peut donner lieu à un large éventail de symptômes à travers différents domaines physiologiques :
- Dans la sphère cognitive et émotionnelle : Les individus peuvent éprouver du découragement, de l’anxiété, de la peur, une tendance aux pleurs, le mal du pays, des pensées suspicieuses, de l’agoraphobie, une faiblesse de la mémoire et d’autres formes de détresse mentale ou d’humeur mélancolique.
- Dans le système nerveux vasomoteur : Initialement, le pouls peut devenir rapide et faible, mais peut par la suite ralentir.
- Dans les nerfs sensoriels : Des douleurs peuvent survenir, souvent accompagnées d’une sensation ressemblant à une paralysie.
- Dans les nerfs moteurs : Il peut y avoir une faiblesse progressive à la fois des muscles et des nerfs, pouvant conduire à la paralysie.
- Dans les fibres trophiques du système nerveux sympathique : Une altération de la nutrition de régions cellulaires localisées peut se développer, ce qui, si cela se prolonge, peut entraîner un ramollissement et une dégénérescence des cellules affectées.
Dans l’ensemble, ces troubles sont marqués par un état fondamental de dépression — tant mentale que physique.
Le phosphate de potassium est donc indiqué dans un large éventail d’affections caractérisées par une dépression mentale, nerveuse ou systémique. Celles-ci comprennent :
- L’épuisement mental et physique
- Les états hypocondriaques et hystériques
- La neurasthénie
- L’insomnie nerveuse
- Les spasmes causés par une faiblesse irritable
- La paralysie
- Les états septiques et les hémorragies septiques
- Le noma
- Le scorbut, y compris le scorbut buccal
- Les chancres phagédéniques
- Les anthrax
- Les fièvres typhoïdes et le typhus
- Les états adynamiques (à faible énergie, affaiblis)
- L’atrophie musculaire progressive
- Les ulcères gastriques, en particulier l’ulcère rond de l’estomac, dus à un dysfonctionnement des fibres trophiques du nerf sympathique
- La pelade (distincte de la teigne), qui résulte également d’une perturbation de la fonction des fibres trophiques sympathiques
Dans tous ces cas, le phosphate de potassium sert d’agent restaurateur en rétablissant l’équilibre moléculaire nécessaire au fonctionnement cellulaire et à la stabilité du système nerveux.
Sulfate de potassium (Kali sulphuricum)
Le sulfate de potassium, qui, en action réciproque avec le fer, assure le transfert de l’oxygène inhalé vers toutes les cellules, est présent dans toutes les cellules contenant du fer.
En cas de carence en sulfate de potassium, selon la localisation et l'ampleur de la déficience, les symptômes suivants peuvent apparaître :
Une sensation de lourdeur et de lassitude, des vertiges, des frissons, des palpitations cardiaques, de l'anxiété, de la tristesse, des maux de dents, des maux de tête et des douleurs dans les membres. Ces maux augmentent lorsque la personne est confinée dans une pièce, ainsi que par la chaleur et vers le soir, et ils sont soulagés en plein air, au frais.
Il s'ensuit une desquamation des cellules de l'épiderme et de l'épithélium, qui se sont détachées de leurs connexions parce qu'elles n'étaient pas suffisamment approvisionnées en oxygène. L'exfoliation de ces cellules épithéliales est suivie de catarrhes avec sécrétion de mucus jaune.
Sur le plan thérapeutique, le sulfate de potassium répond au processus de desquamation qui survient après la scarlatine, la rougeole, l'érysipèle de la face, etc.
Il guérit également le catarrhe laryngé, ainsi que les catarrhes des bronches, de la conjonctive, des muqueuses des narines, etc., lorsque la sécrétion présente les caractéristiques mentionnées ci-dessus ; il soigne aussi le catarrhe de l'estomac, lorsque la langue présente un enduit muqueux jaunâtre ; ainsi que le catarrhe de l'oreille moyenne et le catarrhe rénal.
Le sulfate de potassium permet l'accès de l'oxygène, ce qui accélère la formation de nouvelles cellules de l'épiderme et de l'épithélium, permettant ainsi l'élimination des cellules détachées de leurs connexions.
Dans la nature inorganique également, les sulfates et le fer servent au transfert de l'oxygène. Lorsque, dans la couche superficielle de la terre, un sulfate et un oxyde de fer entrent en contact avec des substances organiques en décomposition, ils cèdent leur oxygène et forment du sulfure de fer. Celui-ci peut être à nouveau décomposé par l'apport d'oxygène frais, de sorte que de l'acide sulfurique et un oxyde de fer se forment, lesquels, dans des conditions appropriées, transféreront à nouveau leur oxygène.
Phosphate de magnésium (Magnesia phosphorica).
Le phosphate de magnésium est présent dans les globules rouges, les muscles, le cerveau, la moelle épinière, les nerfs, les os et les dents. Il joue un rôle fondamental dans le maintien de la stabilité neuromusculaire et la régulation de la fonction nerveuse.
Lorsque l'activité moléculaire du phosphate de magnésium est perturbée au sein des nerfs, cela peut entraîner des douleurs, des crampes et même une paralysie. La douleur qui en résulte est souvent caractérisée par une sensation fulgurante et aiguë — ressemblant à des décharges électriques — ou par une douleur profonde et taraudante. Celles-ci peuvent alterner avec ou être accompagnées d'une sensation de constriction. La douleur peut également changer de localisation, mais a tendance à suivre un schéma reconnaissable : elle est généralement soulagée par la chaleur et une pression ferme, tandis qu'un toucher léger l'aggrave.
Le phosphate de magnésium est particulièrement efficace dans le traitement :
- Des maux de tête, des névralgies faciales, des maux de dents et des douleurs aux membres — lorsqu'ils suivent le schéma décrit
- Des crampes d'estomac et des douleurs abdominales, particulièrement celles irradiant depuis la région ombilicale. Elles sont souvent soulagées par des boissons chaudes, le fait de se pencher en avant ou d'appliquer une pression sur l'abdomen, et peuvent être associées à une diarrhée aqueuse
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D'une variété d'affections spasmodiques, incluant :
- Spasmes de la glotte
- Coqueluche
- Trismus (contraction de la mâchoire)
- Crampes musculaires, particulièrement dans les mollets
- Hoquet
- Tétanos
- Chorée (danse de Saint-Guy)
- Rétention spasmodique d'urine
Dans tous ces cas, le phosphate de magnésium agit comme un régulateur de la fonction nerveuse, calmant l'excitabilité nerveuse excessive et rétablissant une réponse musculaire normale.
Chlorure de sodium (Natrum muriaticum).
L'eau introduite dans le tube digestif — que ce soit par la boisson ou par la nourriture — est absorbée dans la circulation sanguine via les cellules épithéliales des muqueuses. Ce processus est facilité par la présence de chlorure de sodium (sel de table) dans ces cellules et dans le sang, car le sel est bien connu pour sa capacité à attirer et à retenir l'eau.
L'eau est essentielle pour hydrater tous les tissus corporels, en particulier les cellules. Chaque cellule contient du sodium (soude), et le chlore naissant libéré par le chlorure de sodium (Natrum muriaticum) dans le liquide intercellulaire se lie à ce sodium. Le chlorure de sodium qui en résulte attire l'eau dans la cellule, provoquant son expansion et sa division. Ce mécanisme est essentiel pour la croissance et la prolifération cellulaire. Sans la formation de chlorure de sodium au sein des cellules, l'eau reste piégée dans l'espace intercellulaire, conduisant à une condition connue sous le nom d'hydrémie (un excès d'eau dans le sang et les tissus).
Les patients souffrant d'hydrémie présentent souvent un visage pâle et bouffi, ainsi qu'une fatigue générale. Ils peuvent se sentir constamment somnolents, émotionnellement déprimés et enclins aux larmes. Ces individus ont tendance à se sentir froids, en particulier aux extrémités, et ressentent souvent un frisson le long de la colonne vertébrale. Ils ont fréquemment des envies de sel — reflétant la carence et la "demande" des cellules en ce minéral — mais même lorsqu'ils consomment de grandes quantités de sel, leur état ne s'améliore pas. En effet, les cellules ne peuvent absorber le chlorure de sodium que sous des formes hautement diluées (atténuées).
Dans de tels cas, un excès de chlorure de sodium dans le liquide intercellulaire peut engendrer des symptômes supplémentaires. Les patients peuvent remarquer un goût salé dans la bouche dû à une irritation des nerfs glossopharyngien et lingual, et peuvent développer des écoulements corrosifs des muqueuses ou des lésions cutanées — une affection parfois appelée "eczéma salin" (salt-rheum).
Dans les cellules épithéliales saines tapissant les cavités séreuses, le chlorure de sodium régule le transfert de l'eau du sang artériel vers ces sacs. Lorsque l'activité moléculaire du chlorure de sodium est altérée, l'eau peut s'accumuler anormalement dans ces cavités. Cette transsudation pathologique peut souvent être inversée en administrant des doses minimes (atténuées) de chlorure de sodium, qui restaurent la capacité des cellules à réabsorber le liquide.
Des perturbations fonctionnelles du chlorure de sodium dans les cellules épithéliales des glandes lacrymales ou salivaires peuvent entraîner une production excessive de larmes ou de salive (larmoiement ou salivation). Si une irritation d'une branche dentaire du nerf trijumeau affecte les fibres sécrétoires du système nerveux sympathique, cela peut perturber la fonction du chlorure de sodium dans les glandes salivaires, provoquant un mal de dents accompagné d'une salivation excessive.
Dans la muqueuse du canal intestinal, le chlorure de sodium facilite l'absorption de l'eau ingérée dans le sang via la veine porte. Si la fonction des cellules épithéliales est altérée — souvent par une irritation — un flux inverse peut se produire : l'eau passe du sang vers le canal intestinal, entraînant une diarrhée aqueuse. Si l'irritation affecte également les cellules productrices de mucus, la diarrhée peut inclure à la fois de l'eau et du mucus.
Dans des conditions normales, la mucine (un composant du mucus) apparaît sur les surfaces muqueuses sous forme de substance claire et vitreuse. Si les cellules muqueuses manquent de chlorure de sodium et de mucine adéquats, la sécrétion de mucus chute en dessous des niveaux normaux, compromettant la protection des muqueuses.
L'acide carbonique présent dans le sang joue également un rôle régulateur. Par son effet expansif, il libère le chlore du chlorure de sodium stocké dans les cellules épithéliales des glandes gastriques. La soude libérée se lie à l'acide carbonique et est réabsorbée dans la circulation sanguine, tandis que le chlore libéré se combine à l'hydrogène pour former de l'acide chlorhydrique, qui pénètre dans l'estomac. Si le chlorure de sodium fait défaut dans ces cellules des glandes gastriques, l'acide chlorhydrique n'est pas produit. En conséquence, l'estomac compense en augmentant la sécrétion de mucus alcalin à partir de son épithélium de surface, conduisant à un catarrhe gastrique et, finalement, à des vomissements de mucus.
Un dysfonctionnement plus grave du chlorure de sodium dans l'estomac peut provoquer une fuite de sérum des vaisseaux sanguins vers la cavité stomacale, entraînant le vomissement d'un liquide clair — communément appelé pyrosis.
Lorsque les cellules situées sous l'épiderme manquent de chlorure de sodium, elles ne peuvent absorber l'eau destinée à les nourrir. Il en résulte la formation de vésicules (ampoules) à mesure que l'eau s'accumule et soulève la couche cutanée externe. Ces vésicules contiennent un liquide clair et aqueux. Un processus similaire peut également se produire sur la conjonctive de l'œil.
Il est intéressant de noter qu'un dysfonctionnement dans le métabolisme du chlorure de sodium peut provoquer à la fois des états hypo- et hyper-sécrétoires, même dans différentes parties du corps au même moment. Par exemple, on peut observer un catarrhe gastrique avec vomissements d'eau ou de mucus associé à une constipation causée par une sécrétion insuffisante de mucus dans le côlon.
Phosphate de sodium (Natrum phosphoricum).
Le phosphate de sodium se trouve dans les globules rouges, les cellules musculaires, les cellules nerveuses, les cellules cérébrales et les fluides intercellulaires. Il joue un rôle crucial dans la décomposition de l'acide lactique en acide carbonique et en eau. Le phosphate de sodium a la capacité de lier l'acide carbonique, en se combinant avec deux parties d'acide carbonique pour chaque partie d'acide phosphorique qu'il contient. Une fois lié, le phosphate de sodium transporte l'acide carbonique vers les poumons. Dans les poumons, l'oxygène aide à libérer l'acide carbonique faiblement attaché, qui est ensuite expiré. Cet échange permet à l'oxygène d'être absorbé par le fer contenu dans les globules rouges.
Le phosphate de sodium est un traitement efficace pour les affections causées par un excès d'acide lactique. Il est particulièrement pertinent chez les nourrissons ayant été suralimentés avec du lait et du sucre, entraînant une surproduction d'acides. Les symptômes typiques dans de tels cas comprennent des renvois acides, des vomissements de masses acides ressemblant à du lait caillé, une diarrhée jaune-vert souvent décrite comme "hachée", des coliques et des spasmes associés à l'acidité.
L'acide urique est dissous dans le sang grâce aux effets combinés de la chaleur corporelle et du phosphate de sodium. Lorsque le phosphate de sodium est déficient, l'acide urique peut cristalliser et se déposer dans ou autour des articulations. Cela conduit à la podagre (goutte) ou au rhumatisme arthritique aigu. Au cours d'une crise de goutte aiguë, la quantité d'acide urique sécrétée dans l'urine diminue en proportion de la quantité retenue dans les articulations touchées.
De plus, le phosphate de sodium aide à la saponification des acides gras, ce qui le rend bénéfique pour traiter les troubles digestifs causés ou aggravés par la consommation d'aliments gras.
Sulfate de sodium (Natrum sulphuricum).
Le sulfate de sodium agit de manière opposée au chlorure de sodium. Alors que les deux attirent l'eau, le chlorure de sodium attire l'eau dont le corps a besoin pour ses fonctions, tandis que le sulfate de sodium attire l'eau produite lors de la décomposition et de la désintégration des vieilles cellules, aidant à l'éliminer du corps.
Le chlorure de sodium favorise la division cellulaire nécessaire à leur multiplication, tandis que le sulfate de sodium aide à extraire l'eau des globules blancs (leucocytes) vieillissants, conduisant à leur destruction. Pour cette raison, le sulfate de sodium peut être utilisé comme traitement contre la leucémie. Il stimule également les cellules épithéliales et les nerfs, comme cela sera expliqué plus loin.
En activant les cellules épithéliales des voies urinaires, le sulfate de sodium encourage les reins à éliminer l'excès d'eau ainsi que les déchets issus de la décomposition des tissus, qui sont ensuite expulsés sous forme d'urine par les uretères et la vessie.
Le sulfate de sodium stimule également les cellules épithéliales des canaux biliaires, des canaux pancréatiques et des intestins, favorisant la sécrétion de bile, des sucs pancréatiques et des fluides intestinaux. De plus, il soutient les nerfs contrôlant ces organes.
Si les nerfs sensoriels de la vessie ne sont pas adéquatement stimulés par le sulfate de sodium, le signal d'uriner peut ne pas atteindre la conscience, entraînant une miction involontaire, ou énurésie. Si les nerfs moteurs du muscle de la vessie (détrusor) sont sous-stimulés, une rétention urinaire peut se produire.
Les effets irréguliers du sulfate de sodium sur les cellules épithéliales et les nerfs du système biliaire peuvent provoquer soit une diminution, soit une augmentation de la sécrétion et de l'excrétion biliaire.
Si les nerfs moteurs du côlon sont insuffisamment influencés par le sulfate de sodium, une constipation et une accumulation douloureuse de gaz (colique flatulente) peuvent en résulter.
Lorsque l'élimination de l'excès d'eau des espaces entre les cellules est trop lente en raison d'une altération de la fonction du sulfate de sodium, une condition appelée hydrémie se produit. Un dysfonctionnement de la sécrétion biliaire associé à cela peut mener à des maladies telles que des frissons et de la fièvre, la fièvre bilieuse, la grippe, le diabète, l'œdème et l'érysipèle œdémateux. Des affections cutanées telles que des vésicules contenant un liquide jaunâtre, l'herpès humide, l'herpès circiné, des excroissances sycotiques et un catarrhe avec un écoulement jaune-vert ou vert peuvent également se développer.
Les personnes souffrant d'hydrémie se sentent généralement plus mal par temps humide, près de points d'eau ou dans des environnements souterrains humides, alors que leur état s'améliore dans des milieux plus secs.
Acide silicique (Silicea)
L'acide silicique est un constituant des cellules du tissu conjonctif, de l'épiderme, des cheveux et des ongles.
- Centres suppuratifs : Lorsqu'un centre suppuratif (formateur de pus) se forme dans le tissu conjonctif ou la peau, Silicea peut être utilisé. Il aide à restaurer la fonction des cellules du tissu conjonctif altérées par la pression du pus. Une fois restaurées, ces cellules peuvent expulser les substances nocives (pus), qui sont alors soit absorbées par le système lymphatique, soit évacuées par la rupture spontanée du centre suppuratif.
- Absorption des épanchements : Silicea peut favoriser l'absorption des épanchements sanguins dans n'importe quel tissu via le système lymphatique. Si Calcarea phosphorica échoue à réabsorber les exsudations séro-albumineuses dans les sacs séreux, Silicea peut être efficace, car de tels retards peuvent résulter d'une carence en Silicea dans le tissu conjonctif sous-séreux.
- Affections arthritiques-rhumatismales chroniques : Silicea forme un composé soluble (silicate de sodium) avec le sodium présent dans l'urate de soude, facilitant son absorption et son élimination par le système lymphatique. Cela le rend utile dans le traitement de l'arthrite et du rhumatisme chroniques ainsi que de la gravelle rénale.
- Transpiration des pieds : Silicea peut rétablir une transpiration des pieds supprimée, aidant indirectement à prévenir les maladies liées à une telle suppression (ex. : amblyopie, cataracte, paralysie).
- Atrophie des cellules du tissu conjonctif : La perte graduelle de Silicea dans les cellules du tissu conjonctif peut entraîner une atrophie. Cette affection est courante dans le conduit auditif externe des patients âgés, provoquant une sécheresse et un élargissement du méat.
Dynamisation couramment utilisée : 12x trituration.

